16 décembre 1901 : naufrage du Frisia

Le 28 décembre le correspondant, à Kérity, de l'Union Agricole et Maritime' écrivait dans l'édition de janvier :

Un fort vent de la partie N-O, accompagné de pluie avec mer démontée, sévit actuellement sur notre littoral ...

Le trois-mâts Frisia il s'agissait à priori d'un trois-mâts à vapeur (utilisant des voiles et un moteur à vapeur) car en 1903 on parlera du Frisia (ou Frésia) comme le steamer Fresia. avait quitté Pensacola en Floride pour Brême et transportait une cargaison de fûts d’essence de térébenthine et de résine. Il avait été armé par un Gênois et assuré par la Cie Rundhel de Liverpool et la Lloyd de Londres. Le 16 décembre 1901 il s’était trouvé en difficulté au large de Penmarc'h du fait du mauvais temps. Il avait été repéré par la station de Saint-Pierre comme le relate le rapport sur les services rendus du 16 décembre 1901 qui fait état d’une mer démontée ce jour-là :
papapoydenot.fr, descendez jusqu'à l'archive du 16 décembre 1901

L'équipage de 22 marins avait choisi d'abandonner le navire qui, pensaient-ils, allait à sa perte. Ce fut un choix malheureux car le canot de sauvetage de la station de Saint-Pierre avait réussi à rejoindre le Frisia malgré la mer démontée et aurait donc pû les sauver. Il semble que l'équipage ait pris l'option d'utiliser une baleinière pour tenter de rejoindre la côte. On l'avait retrouvée quelques jours plus tard, échouée sur l'Île de Sein. Probablement provenait-elle du navire naufragé. Tout l'équipage avait péri.

Très rapidement une bonne partie de la cargaison fut récupérée. Les bateaux de pêche d'Audierne avait repéré une grande quantité de barriques pleines à environ 12 milles Le mille marin vaut 1852m. Ici on parle donc d'une vingtaine de kilomètres. au large. On note dans le journal 'le Finistère' l'article ci-dessous.

le Finistère du 25 décembre 1901 (Archives départementales du Finistère)

Kérity-Penmarc'h. Le naufrage du « Frisia ».
— On a actuellement sauvé entre Audierne les trois ports de Penmarc'h , 665 barils d'essence et 220 barils de résine.
La cargaison du Frisia, et non Prisia comme on l'a tout d'abord dit, qui venait de Pensacola, se rendant à Brème était composée de résine et d'essence de térébenthine ; elle était assurée partie par la compagnie Rundhel de Liverpool, partie par la compagnie Lloyd London.
Trois représentants d'assurances sont sur les lieux, deux Anglais pour la cargaison et un troisième arrivé dimanche de Gènes (Italie), représentant l'armateur qui habite dans ce port.
Une soixantaine d'hommes sont employés par la marine pour sauver les débris du bâtiment et de sa cargaison. Le commissaire de la marine surveille les opérations.
On est, malheureusement, toujours sans nouvelles de l'équipage.
Trois portraits ont été recueillis, deux au fusain paraissant être le portrait du capitaine, un grand portrait de famille, ainsi qu'un tableau à l'huile représentant le bâtiment toutes ses voiles établies.

Dans le journal "L'Union Agricole" parut le dimanche 2 février 1902, l'entrefilet suivant :

Kérity-Penmarch. — De notre correspondant le 21 : La Glaneuse, vapeur de la Cie Chevillotte, capitaine Le Floc'h, est rentrée hier, 20 courant, dans le port de Kérity-Penmarch, à la marée du matin, pour prendre des fûts du trois-mâts Frisia, échoué en décembre dernier à l'ouest du phare de Penmarch. Ce navire est actuellement en chargement à destination de Brest.

Comme on peut le lire ci-dessus la plus grande partie de la cargaison avait été sauvée, néanmoins il s'avéra que certains fûts furent récupérés par des riverains qui décidèrent de tenter d'en tirer un petit profit. Pour avoir une idée du prix qu'il pouvait tirer de ce larcin on peut se reférer à la peine que subit un certain Noël Cariou, 45 ans originaire de Cléden-Cap-Sizun, qui fut surpris, en janvier 1902, par les douaniers alors qu'il circulait le soir vers 8h30 avec une charette où l'on trouva de l'essence de térébenthine. Il avait deux touques de 40 kg et un baril de 36 kg. Il avait acheté le tout à un pilleur d'épave pour 5 francs et avait écopé de 50fr d'amende avec sursis.(le Finistère du 8 février 1902)

Bien que le profit retiré par les pilleurs d'épave fut plus que modeste, chacun n'ayant volé que de un à trois barils, un procès eut lieu, bien après les évènements, en juillet 1903. Le cas de Daniel le Goff est un peu particulier, en effet ce dernier ayant trouvé un tonneau plein et un tonneau vide avait rempli ce dernier d'eau et l'avait vendu pour de l'essence de térébenthine !
Il n'y avait pas moins que 47 inculpés et il fallut utiliser la salle des assises, celle des audiences correctionnelles étant trop petite.( le Finistère du 18 juillet 1903)

Le journal 'le Finistère" a relaté ce procès dans ses colonnes :

le Finistère du 25 juillet 1903 (Archives départementales du Finistère)

Police correctionnelle. — Tribunal de Quimper.

Audience du 21 juillet.

LES PILLEURS D’EPAVES

Mardi ont commencé les débats de la fameuse affaire du Fresia [Frisia], ce vapeur allemand chargé de fûts d'essence de térébenthine, qui fut brisé sur la côte de Penmarc'h et dont les épaves, jetées à la côte, furent pillées par les riverains. Les prévenus sont divisés en deux catégories ; ceux qui ont volé et ceux qui ont recelé. Les premiers sont au nombre de 28 ; ce sont :
Yves Pérennou, 37 ans, cultivateur ; René Penven, 28 ans, journalier ; Sébastien Moris, 38 ans, cultivateur ; Jacques Strullu, 30 ans, charron ; Pierre le Goff, 57 ans, journalier ; François Lautrédou 39 ans, marin-pêheur ; les cultivateurs Daniel le Douce, 14ans ; Jean Scuiller, 41ans ; Guillaume le Bourdon, 21 ans ; Jean Penven, 30 ans ; Jean Gadonna, 35 ans ; Henri Marzin, 43 ans ; Hervé Mazo, 34 ans ; Daniel Le Goff, 30 ans ; Joseph Le Bescond, 34 ans ; Jean Lapart, 5l ans; Alain Cabillic, 27 ans ; Yves Donnart, 40 ans ; Jean Autret, 45 ans ; Henri Bourdon, 40 ans ; Pierre André, 66 ans ; Joseph André, 35 ans ; Pierre André, 40 ans ; Francois Cabillic, 46 ans ; Mathieu Quéré, 48 ans ; Alain Goascoff, 16 ans, demeurant tous à Plozévet ; Daniel Perrot, 47 ans, cultivateur à Pratanabec, en Beuzec-Cap-Sizun ; Pierre Penven, 24 ans, manœuvre, ayant demeuré à Plozévet, actuellement habitant à Nantes, chemin de la Tannerie.

Dix-neuf personnes sont poursuivies pour recel. Ce sont :
Félix Albaret, 51 ans, ferblantier 4 Pont-Croix ; Henri Kervarec, 49 ans, vitrier à Pont-Croix ; Henri Gadonna, 26 ans, peintre à Pont-Croix ; Henri Pichavant, 22 ans, serrurier à Pont-Croix ; Henri Colin, 53 ans,forgeron à Kerydreuff, en Plouhinec ; Philomène Divanach, 44 ans, ménagère à Pont-Croix ; Jean Trévidic, 59 ans, Journalier à Pont-Croix ; Guillaume Hémon, 40 ans, peintre à Audierne ; Paul Colin, 44 ans, charretier à Kerydreuff, en Plouhinec ; René Douérin, 54 ans, commerçant ; Alain Strullu, 38 ans, cultivateur ; Pierre Fomer, 41 ans, sabotier ; Toussaint Basty, 41 ans, cultivateur ; Alain Gourret, 35 ans, journalier, demeurant les cinq derniers à Plozévet. Léon Carpentier, 57 ans, représentant de commerce à Douarnenez ; Pierre Le Cloarec, 36 ans, peintre à Pouldavid ; Anatole Quillivit, 47 ans, peintre à Douarnenez ; Jean Quéméner, 21 ans, ayant demeuré à Plozévet, actuellement marin de l'Etat ; Anna Vérine, veuve Le Joncour, commerçante à Brest.

Des premiers délinquants, les uns sont de pauvres et frustes paysans ; les autres des marins-pécheurs, riverains de la cote où le sinistre maritime s'est produit. Ces derniers, quoique sachant bien que les épaves trouvées à la cote ne sont pas leur propriété et qu'ils doivent en faire la déclaration à l'administration de la marine dans les 24 heures, ont omis sciemment de faire cette démarche et ont recueilli, qui un fût, qui deux, qui trois.

Parmi eux, il en est qui ont fait du trafic en revendant ces fûts à des commerçants, qui ont expédié les fûts en grande quantité par voie de terre et par la voie ferrée, sans être le moins du monde inquiétés.

Une seule personne, parmi celles qui ont directement acheté aux commerçante de Pont-Croix, est poursuivie pour complicité par recel, les faits relevée par l'Instruction ayant fait ressortir cette circonstance qu'elle ne pouvait pas ignorer la provenance frauduleuse de la marchandise qu'elle achetait. C'est Mme veuve Le Joncour, de Brest.
Le nommé Daniel Le Goff a fourni la note gaie dans ce procès. Ce madré compère, n'ayant, pour son compte, recueilli qu'un seul fût plein, mais en ayant trouvé un autre vide, imagina de le remplir d'eau et réussit à le vendre comme fût d'essence de térébenthine. C'est le sieur Albaret qui en devint acquéreur et l'expédia à un des négociants avec lesquels il s'était abouché. Les prévenus répondent tous à l'appel de leurs noms, à l'exception de Henri Penven qui accomplit une période de réserve ; Jean Quemener, qui est au service dans la marine à Toulon, et François Cabillic, qui n'a fait valoir aucune excuse.

Il est procédé à l'interrogatoire des prévenus, qui n'offre rien de particulier, sauf celui de Mme veuve Le Joncour. Elle déclare n'avoir pas eu connaissance de l'origine frauduleuse des fûts dont elle a fait l'acquisition. M. Le Joncour, son fils, qui voyage pour sa maison, l'ignorait et n'a pu lui en parler. Il est entré en relations avec Albaret qui lui a fait connaître que la marchandise provenait d'un naufrage, mais sans lui dire dans quelles conditions il l'avait achetée. Elle ne pouvait soupçonner l'honorabilité de M. Albaret avec lequel elle était en relations d'affaires depuis 20 ans et qu'elle avait toujours considéré comme un honnête homme. La preuve, dit-elle, qu'elle s'est crue en règle, c'est qu'elle a fait à l'octroi les déclarations nécessaires.
M. Albaret prétend avoir fait connaître au fils de Mme Le Joncour la provenance frauduleuse des 50 fûts qu'il lui a vendus.

Les interrogatoires terminés, M. Maurangos,substitut du procureur de la République, prononce son réquisitoire. Selon lui, les prévenus doivent être classés en trois catégories. La première est composée des pêcheurs riverains qui ont recueilli les épaves ; ce ne sont pas les plus coupables. Ce sont de pauvres gens ; il demande pour eux toute l'indulgence possible et l'application de l'ordonnance de 1680 (*).

La deuxième comprend les transporteurs de la marchandise ; ceux-ci, dit l'honorable organe du ministère public, n'ignoraient pas la provenance de la marchandise qu'ils ont transportée : ils doivent être retenus comme complices, ayant agi avec connaissance de cause. Après avoir passé rapidement sur ces deux groupes, le ministère public s'appesantit sur les conditions invraisemblables dans lesquelles les marchands ont traité avec ces pauvres paysans. Ils n'avaient aucun doute sur la provenance illicite de ces fûts ; aussi doivent-ils être punis plus sévèrement. M. Mauranges examine ensuite le cas particulier de Mme Le Joncour, dont il reconnaît la bonne réputation commerciale ; mais elle connaissait la source frauduleuse du produit qu'elle achetait. Elle a vu là un beau bénéfice à réaliser, c'est ce qui l'a tentée.

Me de Chamalliard, avocat, prend la parole pour Kervarec, Paul Colin, Alain Strullu et Henri Colin. Si le tribunal adopte l'application seule de l'ordonnance de 1680, réclamée par le ministère public contre ceux qui ont recueilli des épaves, ses clients Kervarec et Paul Colin, qui ont transporté l’essence devront être relaxés, la complicité n'existe pas en matière de contravention. Pour les deux autres, il réclame l'indulgence.

Me de Chamaillant fait ensuite ressortir l'inertie de l'administration de la marine et de la douane ; il s'étonne de voir cette marchandise circuler de nuit et de jour dans des charrettes et des voitures aux yeux des agents de l'administration.

Me Le Bail, avocat, présente la défense de 31 inculpés et s'associe aux considérations qu'a fait valoir Me de Chamaillard. Il termina en disant que ses clients sont des malheureux soumis à l'influence héréditaire. Ils n'ont pas cru au fond de leur conscience commettre un acte délictueux. Il conclut à l'acquittement de plusieurs de ses clients, dont la culpabilité n'est pas démontrée. A 6 heures 1/2 du soir, l'audience est levée et renvoyée au lendemain midi 1/2.

ordonnance de 1681

* l'Ordonnance de la Marine de 1681 traite au livre quatrième et titre IX des "Naufrages, Bris & Echouëmens". On trouve ce livre facilement, par exemple sur le site Gallica. En 45 articles il y est expliqué, en cas de naufrage, quels sont les devoirs de chacun et les peines encourues en cas de manquement. Grosso modo le texte dit que tout riverain qui trouve des épaves doit le signaler sans tarder aux autorités. Par exemple l'article II dit :
"Enjoignons à nos sujets de faire tout devoir pour secourir les Personnes qu'ils verront dans le danger de naufrage. Voulons que ceux qui auront attenté à leur vie & biens, soient punis de mort, sans qu'il leur en puisse être accordé aucune grâce, laquelle dès à présent Nous avons déclaré nulle, & défendons à tout juge d'y avoir aucun égard."

Audience du 22 juillet.

Me Le Diberder présente la défense des prévenus Albaret, Carpentier, Quillivit et Douérin. L'honorable avocat est heureux de constater que le ministère public a paru abandonner la poursuite pour vol d'épaves contre les auteurs principaux. Si ceux-ci n'ont pas commis le délit de vol, dit-il, il est certain que la complicité par recel relevée contre ses clients n'existe pas. En matière de contravention, la com- plicité n'existe pas et la loi de 1680 ne prévoit qu'une contravention ; le tribunal relaxera donc ses clients, qui sont tous des gens honorables.

Me Verchin, avocat de MM. Gadonna, Pichavant et Hémon, adopte la thèse de ses confrères et examine le fond de l'affaire ; puis il demande l'acquittement de Hémon, se rapportant au tribunal pour les deux autres.

Me Feillard, avocat du barreau de Brest, présente la défense de Mme Le Joncour et discute avec la plus grande conviction la thèse du ministère public à l’encontre de sa cliente, dont la bonne foi lui parait évidente. Il réclame un acquittement. Les débats sont terminés à 3 heures et l'affaire est mise en délibéré. Le jugement sera rendu mardi prochain.

le Finistère du 29 juillet 1903 (Archives départementales du Finistère)

Audience du 28 juillet 1903

Penmarc'h.Les pilleurs d'épaves.
— Le tribunal correctionnel de Quimper a rendu hier son jugement dans l'affaire du pillage du Fresia.[Frisia]
Des riverains poursuivis, cinq ont été acquittés, Alain Goascoz, Le Douce, Lapart, Mazo et Quéméner. Les autres ont été condamnés à 10 jours de prison avec sursis, sauf pour Pierre André père, et à des amendes de 50 à 25 francs.
Des complices et receleurs, Paul Colin, Philomène Divanac'h, Kervarec, Trévidic et la veuve le Joncour ont été acquittés.
Les autres sont condamnés : Albaret à un mois de prison, Carpentier à 15 jours, les autres à 10 jours de la même peine, et tous à des amendes variant de 500 fr. à 50 fr. Ils bénéficient de la loi de sursis pour la prison, à l'exception d'Albaret, Leon Carpentier et Henry Colin.

Le même procès a été relaté par l'Ouest-Eclair

Frésia : Le procès des pilleurs d'épaves vu par l'Ouest-Eclair

Autres cas de vol d'épave, audience du 11 mai 1897.

On peut se poser la question de savoir si le cas survenu à Plozévet, avec tant d'inculpés, était courant ou non.

En mai 1897 un procès eut lieu concernant 12 prévenus originaires de Plouhinec. Il ne s'agisait pourtant que d'une bille de bois de sapin qui était venu s'échouer du côté de "Sabren Sant-Tey". Alors qu'une personne avait déjà fait les déclarations à la douane et à la marine, un groupe s'en était emparé, avait scié le madrier en deux et l'avait vendu à un charpentier de Plozévet, le sieur Cudennec, pour la somme de 40frs et deux bouteilles d'eau-de-vie. Me le bail les avait défendu plaidant leur misère et le fait qu'ils se chauffaient habituellement avec de la bouse de vache. On imagine l'aubaine pour eux. Les enfants furent acquittés sinon la peine prononcée fut de 4 jours de prison avec sursis sauf pour deux d'entre eux qui s'obstinaient à nier.

Audience du 25 mai 1897

le 17 avril 1897 une bille de bois avait été trouvée du côté de Saint-Jean de Trolimon par des riverains et partagée. Les prévenus furent au nombre de huit cette fois et subirent des peines similaires.

Ile de Sein octobre 1900

Ile-de-Sein. — Au mois d'octobre 1900, on voit que c'est déjà de l'histoire ancienne, Guillaume Bléomélen, patron pécheur, âgé de 35 ans, trouvait sur la côte de l'Ile-de-Sein, un madrier d'environ 4 m. 50 de long qu'il enfouit dans le sable et transporta chez lui au bout de 5 mois environ. Il ne fit pas la déclaration de cette découverte au syndic, mais il ne croyait pas, dit-il, commettre un vol parce que cette façon d'agir est un peu l'habitude du pays.
Bléomélen avait cette bille dans son grenier lorsqu'un beau jour, Jules Fouquet, patron-pêcheur, âgé de 62 ans, se rendit dans un grenier où Bléomélen dépose ses agrès et, aidé de son fils, s'empara du madrier en question.
Bléomélen ayant porté plainte, Fouquet déclara qu'il avait trouvé ce madrier à la côte et que c'était Bléomélen qui le lui avait dérobé.
Comme tous les deux reconnaissaient le vol, ils sont impliqués dans la même poursuite et condamnés : Bléomélen à 3 jours de prison avec sursis et Fouquet à 8 jours.
(source : Union Agricole et Maritime Juillet 1902)

Le "Deux Frères" de Rouen - 1749 navire de 70 tonneaux

Lors de la perte des Deux-Frères de Rouen le 5 janvier 1749, le capitaine Olivier Rivet se félicita de la protection qu'avait accordée à l'équipage le recteur de Plozévet, M. La Lande de Calan . Il déplora cependant le pillage d'une partie de l'eau de vie et du vin qui avaient été entreposés dans un local. Les gardiens furent condamnés à de lourdes amendes.

On retrouve dans les extraits du registre des enterrements de la commune de Plozévet pour l'année 1749, une victime collatérale de ce naufrage.

Le corps d'Alain X., âgé d'environ 35 ans, époux de Catherine..., décédé dans le village de Lestréouzien de Plozévet, dans une grange du dit village, sa mort causée, à ce qu'il paraît à tout homme prudent et sage, par une débauche excessive d'eau de vie qu'il avait fait à la côte où un bâtiment de Rouen, commandé par le capitaine Rivet était naufragé le 5 du mois de janvier de l'an 1749 chargé d'eau de vie. Ledit Alain X. en conséquence de sa débauche étant tombé comme mort à la côte, fut transporté par quelques personnes de bonne volonté, touchées de compassion, dans la dite grange, comme dans un lieu plus abrité, mais dans laquelle on s'aperçut qu'il mourut quelques heures après avoir fait signe de contrition de désir d'avoir un prêtre, et fut enterré le 7ème jour du dit mois et an sur le sable de la côte où il fut transporté par Joseph Lucas et Guillaume le Goff de Kerhat, Henri Canévet de Kerlaoueret, lesquels ont déclaré ne savoir signer, de ce interpellé suivant l'ordonnance. En foy de quoy j'ai signé

Joseph Julien, prêtre

source : Keleir, septembre 1963

M Alain X ne fut pas enterré en terre bénite ...